Kalabhairava Karma – un processus pour les défunts

Dans la culture yogique, si quelqu’un meurt sans la conscience nécessaire pour mener à bien sa mort, il existe des systèmes pour accompagner les défunts. Sadhguru explique deux de ces processus : Kalabhairava Karma et Kalabhairava Shanti.
Sadhguru Wisdom Article | Kalabhairava Karma – A Process for the Departed
 

Qu’est-ce que Kalabhairava Karma ?

Sadhguru : Le processus appelé « Kalabhairava Karma » est réservé aux morts, afin de s’assurer que leur nouvelle demeure est meilleure. Quand quelqu’un meurt, vous pensez qu’il est mort, mais en ce qui le concerne, il vient de perdre son corps et tout ce qu’il connaissait en tant que vie. En perdant son corps, il a également perdu le discernement de son mental. Que signifie perdre son discernement ? Imaginons que quelqu’un que vous connaissez vienne de mourir, ce qui vous rend triste et malheureux. Peut-être serez-vous en deuil pendant une certaine période, mais après quelque temps, vous utiliserez votre discernement. « Ça ne sert à rien de continuer comme ça, je retourne à mes occupations. » Mais celui qui est incapable d’employer son discernement va rester dans cet état pendant longtemps, parce que le mental qui est le siège du discernement ne fonctionne pas comme il faudrait. Quelles que soient ses tendances, celles-ci vont se multiplier. Si elles étaient agréables, elles feront boule de neige, si elles étaient désagréables, ce sera une avalanche de choses extrêmement désagréables.

Toutes les cultures ont été conscientes de cela : indépendamment du lieu ou de la religion, quand un homme est en train de mourir, quel qu’il soit, vous devez créer une atmosphère agréable.

Toutes les cultures ont été conscientes de cela : indépendamment du lieu ou de la religion, quand un homme est en train de mourir, quel qu’il soit, vous devez créer une atmosphère agréable. Même si votre ennemi est en train de mourir, vous ne créez pas de désagrément pour lui à ce moment-là. Que ce soit dans les derniers instants ou juste après, on peut encore toucher cette vie de telle sorte que la douceur s’y infiltre. Dès que l’on met ne serait-ce qu’une goutte de douceur en lui, cette goutte devient un océan de douceur au bout d’un certain temps, parce qu’il n’a pas de discernement.

Qu’est-ce que le processus Kalabhairava Shanti ?

On peut mettre une goutte de douceur dans cet être jusqu’à 14 jours pour les personnes de plus de 50 ans qui décèdent de mort naturelle, et jusqu’à 48 jours pour les personnes de moins de 50 ans. Dans le cas où une personne était pleine de vie, mais est décédée soit par fracture du corps dans un accident, soit par suicide, on peut le faire jusqu’à 48 jours pour les personnes de plus de 33 ans, et jusqu’à 90 jours pour les personnes de moins de 33 ans. Nous offrons également un processus que l’on appelle « Kalabhairava Shanti » qui peut se faire à tout moment après la mort. Si la période pour Kalabhairava Karma est passée, vous pouvez faire le processus Kalabhairava Shanti.

Ce processus constitue un élément important de la culture yogique : si quelqu’un meurt et n’a pas assez de conscience pour mener à bien sa mort, alors quelqu’un d’autre le fait pour lui. Mais malheureusement, au cours des 100-150 dernières années, ces traditions ont été en grande partie mises en sommeil. Ce qu’il en reste est généralement corrompu et commercial. Si vous perdez quelqu’un qui vous est cher, on vous demandera d’apporter des chaussures pour le mort, d’apporter un parapluie pour le mort. Celui qui a perdu son corps ne va pas porter de chaussures. Si l’homme qui mène le processus veut des chaussures, autant qu’il soit franc et dise : « Je veux des chaussures ». Au moins, elles seront à sa pointure. Si elles sont à la pointure du mort, il devra aller les vendre.

Nous utiliserons la demeure du Linga Bhairavi comme base énergétique et pour la conduite de certains processus pour les morts. Si quelqu’un que vous connaissez meurt, ou si vous connaissez quelqu’un d’autre qui a perdu un être cher, alors durant un certain laps de temps, on peut effectuer un certain processus.

Nous aimerions que les gens vivent dans la béatitude. S’ils ne vivent pas dans la béatitude, ils doivent au moins mourir paisiblement. Si cela n’est pas le cas non plus, nous avons envie de faire quelque chose après leur mort. Donc, même si vous mourez, je n’épargnerai pas mes efforts pour vous rendre spirituel.

Kalabhairava Karma – il ne s’agit pas du corps

 

Interlocuteur : Sadhguru, si quelqu’un veut donner son corps à la science, cela aura-t-il un sens d’accomplir Kalabhairava Karma ?

Sadhguru : Il n’est pas nécessaire de faire Kalabhairava Karma pour le corps physique. Le corps doit être brûlé et retourner à la terre. Si une ou deux parties du corps peuvent encore être utiles pendant un certain temps, on peut les mettre dans une autre machine qui ne fonctionne pas correctement. Kalabhairava Karma porte sur la dimension qui a quitté le corps. Nous avons juste besoin de quelque chose qui a été en contact avec le corps, car le corps est porteur de mémoire. Nous utilisons donc un vêtement et une photo qui permettent une reconnaissance pour relier les deux dimensions.

Kalabhairava Karma porte sur cette bulle de mémoire qui flotte encore à la recherche d’un autre corps.

On ne fait pas des choses pour le corps après la mort, cela n’a pas de sens. Si c’était pour le corps, nous aurions fait le processus pendant que la personne était encore en vie. Kalabhairava Karma porte sur cette bulle de mémoire qui flotte encore à la recherche d’un autre corps. C’est pour donner du bon sens à cet être parce que quand il était dans son corps, il n’écoutait pas. Mais maintenant il n’y a plus le discernement du mental. Nous pouvons faire beaucoup plus avec celui qui a perdu son intellect. Une fois le discernement du mental disparu, il n’y a plus de tamis. Ce n’est plus qu’un trou ouvert, vous pouvez y mettre ce que vous voulez. Un tamis filtre tout ce que vous n’aimez pas, c’est-à-dire presque la totalité de l’univers ! C’est certain, Shiva resterait en dehors.

D’une certaine manière, tout le processus visant à devenir méditatif est une simulation de la mort. La mort signifie que le corps n’est plus un problème et qu’il n’y a plus le discernement de l’intellect. Votre discernement est le produit d’une expérience et d’une impression passées. L’un peut avoir un sens du discernement plus fin que l’autre, mais fondamentalement, vous divisez ce qui ne peut être divisé dans sa nature ultime. Le discernement est une façon de passer du sens ultime au sens immédiat.

J’espère que vous comprenez la différence entre le mort et le cadavre. La science ne s’intéresse qu’aux cadavres, elle ne s’intéresse pas aux morts. Il n’y a rien qu’elle puisse faire pour les morts. Kalabhairava Karma concerne les morts, pas les cadavres. 

[Note de la rédaction]

Kalabhairava Karma accessible à tous. Ce processus est un rituel pour les défunts, réalisé dans un certain délai après la mort. Il apporte un certain apaisement et une transition agréable, à la fois en cas de mort naturelle et non-naturelle.