Qu’est-ce que le mariage et est-il nécessaire ?

Sadhguru explique que le mariage ne devrait pas être une convention sociale, mais un choix individuel basé sur les besoins de chacun. Il aborde aussi la cohabitation, le divorce et le déroulement d’une cérémonie de mariage.
Sadhguru Wisdom Article | What Is Marriage and Is It Necessary?
 

Qu’est-ce que le mariage ?

Sadhguru : Essayons de comprendre pourquoi le mariage existe. En tant qu’être humain, que vous soyez un homme ou une femme, vous avez certains besoins. Si je vous avais interrogé à propos du mariage quand vous aviez huit ans, la question n’aurait eu aucun sens pour vous. Si je vous avais posé la question à l’âge de quatorze ans, vous auriez peut-être été un peu réservé parce que vous y réfléchissiez. Étant donné que votre corps commençait à grandir d’une certaine manière et que les hormones commençaient à polluer votre intelligence, vous y pensiez. Si je vous avais posé la question à dix-huit ans, vous auriez clairement répondu « oui » ou « non, pas maintenant » ou « absolument pas », selon ce qui vous était arrivé entre quatorze et dix-huit ans.

Maintenant, le mot « mariage » n’est peut-être pas très bien vu dans certaines parties du monde, parce qu’il y a un sentiment de liberté juvénile. Dans certaines sociétés, les jeunes perçoivent le mariage comme une mauvaise chose. Quand vous êtes jeune, vous êtes contre, parce que votre corps physique est dans un certain mode. Le mariage vous semble être une servitude et une chaîne. Vous voulez faire les choses d’une certaine façon. Mais petit à petit, alors que le corps s’affaiblit, vous souhaitez à nouveau qu’il y ait quelqu’un avec vous de manière engagée.

Je ne dis pas que le mariage est mauvais. Le souhaitez-vous ? C’est ça, la question. Chaque individu devrait y réfléchir pour lui-même ou elle-même et pas forcément suivre la norme sociale.

C’est un sentiment très juvénile : « Quand je suis fort, je n’ai besoin de personne, quand je m’affaiblis, j’aimerais avoir quelqu’un auprès de moi. » Je pense qu’il faut former un partenariat au moment où vous êtes au maximum de votre bien-être. Quand vous aurez décliné, vous ferez des partenariats désespérés. C’est quand vous êtes bien, quand vous êtes à l’apogée de votre vie que vous devez nouer un partenariat qui vous fera traverser tous ces hauts et ces bas.

En tant qu’être humain, vous avez des besoins physiques, des besoins émotionnels, des besoins psychologiques, sociaux et économiques. Les gens peuvent refuser de penser consciemment à ces choses parce qu’ils se disent que cela enlaidira leur mariage s’ils le font. Mais ces besoins et ces considérations existent.

Pour la femme d’aujourd’hui, le monde a changé, dans une certaine mesure. Elle n’est pas forcément obligée de se marier pour des raisons sociales et économiques. Elle a le choix. Elle peut s’assumer économiquement et socialement. Ce n’était pas le cas il y a 100 ans. Il y a un peu plus de liberté maintenant. Cela élimine au moins deux des raisons de vous marier. Vous devez réfléchir aux trois autres.

Psychologiquement, avez-vous besoin d’un compagnon ou d’une compagne dans votre vie ? Avez-vous besoin d’une compagnie émotionnelle ? Et quels sont vos besoins physiques ? Vous devez examiner ces éléments en tant qu’individu. Ce n’est pas une convention sociale : tout le monde se marie ou personne ne se marie. Cela ne va pas fonctionner ainsi. En tant qu’individu, quels sont vos besoins ? Est-ce une sorte de besoin passager que vous pouvez facilement dépasser ? Si ça l’est, ne vous mariez pas, car cela ne vaut pas la peine de vous engager. Si vous le faites, ce ne sont plus deux personnes, mais une famille qui doit faire face aux conséquences. Je ne dis pas que le mariage est mauvais. Le souhaitez-vous ? C’est ça, la question. Chaque individu devrait y réfléchir pour lui-même ou elle-même et pas forcément suivre la norme sociale.

Il n’y a aucun mal à se marier. Mais si vous vous mariez sans que cela vous soit nécessaire, alors c’est un crime, car vous vous rendrez malheureux et vous rendrez malheureuse au moins une autre personne. Quand quelqu’un a demandé à Gautama le Bouddha : « Devrais-je avoir un compagnon ? », il a répondu : « Il vaut mieux marcher seul que marcher avec un imbécile ». Je ne suis pas aussi cruel. Je dis : si vous trouvez un imbécile qui vous ressemble, alors ça peut fonctionner. Mais basez-vous sur vos besoins ; ne le faites pas parce que la société le dit ou parce que les autres se marient.

Mariage ou cohabitation ?

Je dirais qu’au moins 25 à 30 % des gens n’ont pas besoin de se marier, parce que c’est juste un intérêt passager pour eux. Pour 30 à 40 %, l’intérêt sera peut-être un peu plus long et ils se lancent. Pendant dix à douze ans, ils se sentent bien, et ensuite, ça leur pèse. Mais il y a des gens pour qui le besoin est très fort. Environ 25 à 30 % ont besoin d’un partenariat beaucoup plus long ; ils doivent absolument se lancer dans de tels arrangements.

Actuellement, les gens trouvent d’autres solutions. « D’accord, je ne me marierai pas, je vais juste vivre en cohabitation. » Si vous ne faites que cohabiter avec une personne, c’est de toute façon un mariage, que vous ayez un certificat ou non. Mais si vous pensez que vous pouvez choisir vos partenaires chaque week-end, vous vous causez de graves préjudices à vous-même, car tout comme votre mental a une mémoire, votre corps a aussi un sens de la mémoire, mais beaucoup plus fort. Le corps s’imprègne des expériences et les retient bien plus encore que la mémoire que vous portez dans votre mental.

L’importance du mariage

Dans la tradition indienne, l’intimité physique est appelée Runanabandha et fait référence à la mémoire physique du corps. Le corps développe un sens profond de la mémoire à travers l’intimité physique. Il va répondre et réagir de différentes façons, en fonction de cette mémoire. Si vous imprimez trop de souvenirs, il y aura de la confusion dans le corps et un certain niveau de détresse. On peut le voir clairement avec les gens qui sont instables dans leur vie et avec leur corps physique. Ils ne connaissent jamais de véritable sentiment de joie. Observez ceci attentivement autour de vous. Ils ne peuvent jamais rire totalement ni pleurer totalement. Ils sont ainsi parce que des souvenirs déconcertants dans le corps physique créent de nombreuses empreintes tout au long de leur vie. Une relation de cohabitation n’est pas la solution pour répondre à vos besoins.

Il n’y a pas de solution idéale. Vivez votre vie de telle sorte que, quoi que vous fassiez, vous le fassiez de façon absolue.

Soit vous vous mariez, soit vous dépassez tout simplement ces besoins. Mais c’est quelque chose que vous devez examiner individuellement : quels sont vos besoins ? Si vous voulez examiner cela avec lucidité, sans influence sociale, il est toujours préférable de prendre un peu de recul, disons un mois. Lorsque vous prenez cette décision, vous devez être dans un état de lucidité. Vous ne devez pas être influencé par quiconque. Méditez et mettez-vous dans un certain état de lucidité. Dans cette lucidité, examinez si vos besoins sont réellement forts.

Si vous estimez que le mariage n’est pas nécessaire, c’est comme ça ; une fois que vous avez pris une décision, n’y revenez plus. Si vous prenez la décision d’aller dans un sens, ne regardez pas dans l’autre sens. Vous devez faire l’un ou l’autre. Si vous restez entre les deux, vous resterez dans un état constant de confusion. « Quelle est la solution idéale ? » Il n’y a pas de solution idéale. Vivez votre vie de telle sorte que, quoi que vous fassiez, vous le fassiez de façon absolue. Si vous avez cette qualité, quoi que vous fassiez, c’est bien.

L’institution du mariage 

Participant : Aujourd’hui, beaucoup de jeunes ne veulent pas se marier et ceux qui sont mariés divorcent. Voulez-vous nous éclairer sur cette situation, Sadhguru ?

Sadhguru : Un des objectifs du mariage est en quelque sorte de sacraliser les besoins fondamentaux simples de chaque être humain. Le mariage doit apporter de l’organisation, de l’esthétique et de la stabilité, car autrefois, l’union de l’homme et de la femme amenait naturellement une vie nouvelle.

Je ne dis pas que le mariage est idéal, mais avez-vous une meilleure alternative ?

La nature de la progéniture humaine est telle qu’en raison des possibilités que recèle en soi un être humain par rapport à toute autre créature, c’est la vie qui a le moins de défenses et qui nécessite le maximum de soutien. Vous pouvez laisser un chiot dans la rue, tant qu’il a de la nourriture, il deviendra un bon chien. Mais ce n’est pas le cas des êtres humains. Ils ont besoin non seulement d’un soutien physique, mais aussi de diverses autres formes de soutien et, surtout, d’une situation stable. À l’âge de trois ou quatre ans, vous étiez à 100 % pour le mariage – le mariage de vos parents. À 45 ou 50 ans, encore une fois vous êtes à 100 % pour le mariage. Entre 18 et 35 ans, vous remettez en cause l’institution dans son ensemble.

Si, au moment où le corps physique est dominant vous y cédez, vous remettrez toutes les institutions en question. C’est une liberté déclenchée par les hormones. Votre intelligence est prise en otage par les hormones, donc vous remettez en cause les fondements de tout. Je ne dis pas que le mariage est idéal, mais avez-vous une meilleure alternative ? Nous n’avons pas trouvé de meilleure alternative, car un enfant a absolument besoin d’une situation stable.

Le mariage consiste à faire des choix conscients

Tout le monde ne doit pas impérativement ou nécessairement se marier et avoir des enfants. Nous conseillerions à tout le monde de se marier si la race humaine était menacée de disparition, mais la population humaine est en pleine explosion. En ne vous reproduisant pas, vous rendez un grand service à l’humanité.

Mais si vous vous mariez, et surtout si vous avez des enfants, c’est un projet sur au moins 20 ans. S’ils se débrouillent bien. S’ils ne se débrouillent pas bien, c’est un projet de toute une vie. Si vous voulez vous lancer dans de tels projets, vous devez vous engager à créer une situation stable pour au moins 20 ans. Sinon, vous ne devriez pas vous lancer dans de tels projets pour laisser tomber à mi-chemin et vous en aller.

Et il n’y a pas lieu de parler du mariage et du divorce en même temps comme s’ils allaient de pair. Personne ne pensait au divorce en Inde jusqu’à récemment. S’il arrive que quelque chose aille de travers entre deux personnes, qu’il n’y a aucun moyen de résoudre le problème et qu’elles doivent se séparer, c’est malheureux, mais cela arrive. Mais vous n’avez pas à le planifier au moment du mariage !

Comment faire fonctionner un mariage ?

Participant : Comment puis-je choisir la bonne personne avec qui vivre en bonne compagnie et me marier ?

Sadhguru : Essayer de trouver le partenaire idéal, c’est exiger l’impossible. S’il arrive qu’un mariage soit tumultueux, c’est parce que vous devez partager tant de choses dans cette relation. Le problème n’est pas le mariage et il ne s’agit pas non plus d’un homme et d’une femme, mari et femme. Dans toute situation où vous êtes obligé de partager beaucoup de choses avec d’autres personnes, vous allez rencontrer des problèmes du même type.

Dans un mariage ou une cohabitation, vous devez habituellement partager le même espace et tout le reste. Par conséquent, chaque jour, vous vous marchez sur les pieds d’une façon ou d’une autre. Dans d’autres relations, si quelqu’un dépasse les limites, vous pouvez mettre une distance entre vous. Ici, vous n’avez pas le choix. Plus l’empiétement est important, plus la possibilité de friction est grande.

Ne cherchez pas l’homme idéal ou la femme idéale. Il n’y en a pas.

Il y a beaucoup de couples qui vivent magnifiquement ensemble, qui sont profondément amoureux et qui sont des compagnons fantastiques l’un pour l’autre. En même temps, cette relation peut prendre les formes les plus laides. Cela s’explique notamment par le fait qu’en général, personne ne sait ce qui se passe derrière les portes closes. Si quelqu’un dans la rue vous marche sur les pieds, vous réagirez autrement, car tout le monde regarde. Mais dans cette relation, personne ne regarde, donc tout peut arriver.

Ce qui est nécessaire pour réussir un mariage, ce n’est pas la personne parfaite ; il n’y a pas de personne parfaite sur la planète. Ce dont vous avez besoin, c’est d’intégrité absolue. Que quelqu’un regarde ou non, vous devriez agir de la même manière. Qui vous êtes ne devrait pas changer selon l’endroit où vous êtes et avec qui vous êtes. Une fois que vous avez établi votre façon d’être, interagir avec une autre personne peut être une joie. Il y a un autre aspect à prendre en considération : si vous essayez d’extraire quelque chose de l’autre et que vous n’obtenez pas ce que vous voulez ou l’autre personne n’obtient pas ce qu’elle veut, il y aura constamment des conflits.

N’oubliez pas non plus que vous ne vous mariez pas par charité pour l’autre personne. Vous vous mariez parce que vous avez des besoins. Si l’autre personne est prête à y pourvoir et que vous vivez dans la gratitude, il n’y aura pas trop de frictions. Ne cherchez pas l’homme idéal ou la femme idéale. Il n’y en a pas. Si vous comprenez que ce sont vos besoins qui vous poussent à rechercher un compagnon, si vous trouvez quelqu’un qui est raisonnablement compatible avec vous, si vous acceptez, respectez, aimez, incluez, prenez soin et veillez l’un sur l’autre, cela peut être une belle relation.

Un rituel de mariage sacré – Bhuta Shuddhi Vivaha

Participant : Récemment, vous avez lancé le processus Vivaha et je voulais juste savoir comment ce processus améliore le couple et tous les gens qui y participent. Quelle est leur expérience et comment peuvent-ils en retirer des bénéfices ?

Sadhguru : Parce que je crois à l’efficacité de l’activité humaine, quand quelqu’un dit qu’il veut se lier à quelqu’un d’autre, je me dis que je devrais le faire plus efficacement. Les gens se lient et ça ne colle pas. Si vous n’avez pas l’intention de vous lier, c’est votre choix. Mais lorsque vous manifestez l’intention de vous lier, mieux vaut apprendre à bien vous lier. Et c’est précisément à cela que sert le Vivaha, c’est un moyen de lier plus efficacement.

Dans le mobilier, différents morceaux de bois sont assemblés. Pour assembler efficacement deux morceaux de bois, on utilise une vis. L’avantage de la vis, c’est que vous pouvez la dévisser. Un clou, vous ne pouvez pas vraiment le déclouer ; une fois qu’il est cloué, il ne vous reste plus qu’à le casser.

Vous pouvez donc dire : « Je suis passé à autre chose », mais il reste certains trous béants, qui vont vous rattraper d’une certaine manière.

J’étais surpris en regardant certaines maisons en construction : toute la maison est simplement clouée. En utilisant des vis au lieu d’utiliser un millier de clous, il est probable qu’une cinquantaine de vis auraient permis de faire le même travail ; seulement, il faut un peu plus d’ingénierie.

En Inde, un charpentier traditionnel serait banni s’il utilisait des clous de cette manière. Traditionnellement, dans la charpenterie indienne, on utilisait toujours des chevilles en bois d’une certaine façon. Elles ne sont pas fixées définitivement ; elles sont très bien fixées, mais pas définitivement ; si vous le souhaitez, vous pouvez les retirer. Mais il faut une certaine dose de compétence et d’efforts pour les faire sortir. C’est une technique qui est maîtrisée dans l’Est. Tout lien devrait être comme ça. Le lien devrait être très serré et correctement fait, mais si pour une raison extérieure, il doit être défait, nous devrions être en mesure de le défaire moyennant quelques efforts. Sinon, cela signifie que nous nous fichons du matériel que nous utilisons.

Il en va de même pour les êtres humains. Lorsque nous lions quelqu’un, nous devons le lier de telle manière que ce soit permanent. Mais pour une raison extérieure (disons si l’un meurt), alors l’autre ne devrait pas le suivre tout de suite, parce que c’est ce qui va arriver si le lien est très serré.

Par le passé, beaucoup de gens ont manifesté ce genre de désir : « Si mon mari ou ma femme meurt, je veux mourir aussi. »  Ces temps sont révolus. Si vous faites ne serait-ce qu’une chose qui ne leur plaît pas, ils s’en vont. Dans un monde comme celui-ci, vous ne devriez pas vous lier aussi serré. Cela doit être suffisamment serré pour que demain matin, le lien tienne bon quand une dispute surviendra au sujet du dentifrice. Mais si quelque chose d’extérieur se produit, alors avec un peu d’effort, vous devez être capable de défaire le lien. Mais, une fois que vous avez lié quelque chose, si vous voulez le délier, cela aura inévitablement un prix, sauf si le lien n’a pas été correctement fait. Quel que soit l’objet en question, que ce soit physique, matériel ou des êtres humains, il y aura un prix à payer si vous voulez le délier.

Si vous souhaitez désassembler ce meuble, il restera des trous à l’intérieur, ce qui n’est pas facile à cacher. Il faudra beaucoup de travail pour réparer ces trous. Il en va de même pour les êtres humains. Je sais qu’aujourd’hui le slogan, c’est : « Je suis passé à autre chose. » Passer à autre chose ne signifie pas : « Je me suis libéré et je me suis élevé. » Passer à autre chose signifie : « Je suis dans le fossé suivant. » Vous pouvez donc dire : « Je suis passé à autre chose », mais il reste certains trous béants, qui vont vous rattraper d’une certaine manière.

Vous pouvez vous en sortir, vous pouvez supporter les soirées en buvant, vous lever le matin juste cinq minutes avant de partir au bureau, passer le temps au bureau à grommeler, à rouspéter et à vous affairer ; les gens gèrent leur vie comme ça. Si vous leur demandez de rester assis au même endroit sans rien faire pendant trois jours, vous verrez, ils deviendront fous avec tous ces trous à l’intérieur d’eux.

Escamoter un trou et réparer un trou sont deux choses complètement différentes. Réparer n’est pas si simple. C’est comme avec les termites ; si vous avez des meubles peints, vous devez constamment vérifier leur état parce qu’un jour, quand vous les toucherez, il ne restera que la peinture. Les termites n’aiment pas la peinture, elles ne mangent que du bio. Elles ne sont pas comme vous, elles ne mangent pas de la nourriture bourrée de produits chimiques. Elles mangent proprement tout le bois. Lorsque vous appuyez, votre doigt pénètre directement dedans, car il ne reste plus que la peinture.

Quel est le but du mariage ?

Si l’on veut lier quelque chose, il faut que ce soit bien fait, sinon à quoi bon ? Nous pouvons lier de telle manière que si l’un meurt, l’autre mourra aussi ; si l’un parvient à l’éveil, l’autre parviendra lui aussi à l’éveil. Il y a des points positifs aussi. Mais, en moyenne, les gens qui tombent malades, les gens qui meurent, les gens qui perdent la tête sont plus nombreux que les gens qui atteignent l’éveil, donc nous ne prenons pas ce risque.

Le Vivaha est un processus organique qui consiste à lier deux organismes de telle manière qu’au moins une partie d’eux ne puisse pas distinguer lequel est lequel ; et c’est bien, car ils font l’expérience d’une certaine union.

Moyennant quelques efforts et un certain tribut en termes de vie, il devrait être possible de dénouer les liens, mais cela aura un prix. Le Vivaha est un processus organique qui consiste à lier deux organismes de telle manière qu’au moins une partie d’eux ne puisse pas distinguer lequel est lequel ; et c’est bien, car ils font l’expérience d’une certaine union. Nous espérons qu’ils l’utiliseront comme un tremplin pour accéder à une union plus grande. Bon, qu’ils le fassent ou non est une autre affaire.

Pour ceux qui le dirigent, ce sera très beau, parce que cela peut devenir une formidable sadhana pour eux dans leur vie, de réunir deux organismes et de leur permettre d’avoir l’impression de ne plus faire qu’un. Cela génère une certaine beauté et une certaine contribution à votre propre vie.

Pour ceux qui en sont témoins aussi, nous pouvons le faire d’une manière beaucoup plus forte que la façon dont nous le faisons actuellement. Nous n’allons pas aussi loin à cause du pourcentage de divorces, de décès et de maladies qui ont lieu. Nous pouvons en fait les lier beaucoup plus fortement ou l’empiétement peut être beaucoup plus grand. Vous devez tenir compte des réalités sociales, toujours. Mais malgré tout, peu importe le nombre de divorces, peu importe le nombre de personnes qui parlent de « mariage avec date de péremption », lorsqu’une union se produit au-delà du corps et au-delà de la simple compagnie psychologique, il y a une certaine énergie magnifique autour.

Ceux qui viennent y assister viennent pour lécher cette petite goutte de miel qui déborde. Par exemple, dans le programme Bhava Spandana, même si certaines personnes n’ont rien expérimenté, il y a beaucoup de bénéfices à juste regarder quelqu’un d’autre qui est dans un certain état – simplement à voir quelqu’un d’autre en union. Vous ne savez pas avec quoi ces personnes s’unissent, mais elles ont en quelque sorte redessiné leurs limites, si bien que la limite a au moins été un peu repoussée. Lorsque ce processus a lieu, même ceux qui en sont témoins en tirent d’énormes bénéfices.

Des choses similaires se produisent avec le Vivaha, mais à plus petite échelle. Nous pouvons augmenter l’effet, mais alors nous devrons faire face aux diverses conséquences que nous verrons, car les gens doivent vivre 20, 30, 40, 50 ans. Dans le monde d’aujourd’hui, où les gens comptent en microsecondes, 50 ans s’apparentent à un emprisonnement, ils ne peuvent même pas y penser. Beaucoup de gens se retirent du mariage : « Oh, ma vie entière ! »  Les générations précédentes disaient très facilement : « Jusqu’à ce que la mort nous sépare. » Je ne pense pas qu’il y ait un prêtre qui continue à dire cela, il n’oserait pas !

En tenant compte des réalités sociales, nous avons calibré le Vivaha jusqu’à un certain point – un pas de plus que ce que la société attend. Mais si vous faites plus que cela, ce ne sera pas agréable.

Est-il important d’avoir des horoscopes compatibles pour le mariage ?

Participant : Sadhguru, je désire connaître la vérité sur l’astrologie. On dit que c’est une science, mais quand on doit faire correspondre les horoscopes pour un mariage ou qu’une fille manglik est censée épouser un arbre avant d’épouser le marié, cela me paraît un peu étrange.

Sadhguru : Quand les horoscopes correspondent, les étoiles peuvent être alignées, mais comment faire correspondre ces deux idiots ? Ce n’est pas possible. Personne ne peut faire correspondre ces deux idiots. Ce n’est que s’ils prennent la responsabilité l’un de l’autre, s’ils font preuve d’un certain sens de l’implication et investissent leur vie l’un dans l’autre que quelque chose de merveilleux peut se produire. Sinon, peu importe la façon dont vous les ferez correspondre, rien ne va fonctionner. C’est pour ça que pour la plupart des gens, toutes les histoires d’amour et les mariages ne sont beaux que pendant un certain temps. Après ça, c’est une grande anxiété ou des frictions constantes, simplement parce que les gens essaient de se correspondre. Vous ne pouvez pas faire correspondre les gens. Il n’y a pas deux êtres humains pareils. Ça ne marchera pas ainsi. C’est juste que si vous placez le bien-être de l’autre au-dessus du vôtre, alors vous constaterez que tout s’arrange.

Si votre vie consiste à extraire le bonheur de quelqu’un d’autre, vous verrez que votre vie deviendra amère au fil du temps. Si votre vie consiste à partager la joie que vous êtes, alors tout ira bien. Peu importe ce que disent les étoiles. Les étoiles peuvent dire ce qu’elles veulent, mais une fois que vous êtes venu ici en tant qu’être humain, vous êtes censé créer cette vie. L’homme est la seule créature sur la planète à même de structurer sa propre vie. Si vous voulez renoncer à cela et permettre à des choses inanimées comme les planètes et les étoiles de décider de votre avenir, c’est une façon tragique d’exister. S’il vous plaît, prenez votre vie en mains.

N’est-ce pas stupide qu’une troisième personne que vous ne connaissez même pas vous dise si vous vivrez heureux ou non avec votre mari ou votre femme ? N’est-ce pas grotesque ? Peu importe l’idiot que vous épousez, vous prenez la responsabilité de vivre bien et c’est la seule façon de vivre bien.

Ingrédients d’un mariage réussi

#1 Prenez deux cœurs remplis d’amour

L'expression « tomber amoureux » est révélatrice, parce qu’on ne s'élève en amour, on ne vole pas amour. Vous tombez amoureux, parce qu'une partie de qui vous êtes doit s'en aller. Essentiellement, cela signifie qu'une autre personne est devenue bien plus importante que vous-même. Vous ne pouvez être amoureux que si vous n’avez pas une trop haute estime de vous-même. Ce n’est que si ce que vous considérez comme vous-même tombe que vous pouvez faire l’expérience profonde de l’amour en vous-même.

#2 Ajoutez une généreuse dose de compréhension

Plus votre relation avec une personne est étroite et plus vous devriez faire d’efforts pour la comprendre. Une personne ne vous devient proche et chère que si vous la comprenez mieux. Si elle vous comprend, elle appréciera l’intimité de la relation. Si vous la comprenez mieux, c’est vous qui apprécierez cette intimité. Si vous attendez de l’autre qu’il vous comprenne et se conforme en permanence à vos désirs alors que vous ne comprenez pas les limites, les possibilités, les besoins et les capacités de cette personne, les conflits ne manqueront pas de se produire.

Chaque personne renferme en elle des aspects positifs et des aspects négatifs. Si vous comprenez tout cela, vous pouvez faire en sorte que la relation devienne comme vous le souhaitez. Si vous attendez que l’autre vous comprenne, ce sera accidentel. Si cette personne est magnanime, tout ira bien pour vous. Sinon, la relation se brisera. Ce n’est pas que l’autre est totalement dénué de compréhension. Avec votre compréhension, vous pouvez créer des situations dans lesquelles l’autre pourra mieux vous comprendre.

#3 Travaillez un peu la préparation

Un mariage n’est pas quelque chose d’absolu que vous pouvez faire une fois et puis oublier. C’est un partenariat actif. Deux personnes distinctes ont choisi de s’unir dans un objectif commun et de construire leur vie ensemble, de vivre dans la joie et de multiplier leur bien-être. Deux êtres humains entremêlent leurs vies pour créer une certaine beauté.

Dans la culture indienne, le mariage était renouvelé une fois par an pour rappeler les raisons de cette union. Ce jour-là, on célèbre un nouveau mariage. Sinon, vous allez penser que vous êtes coincé pour toujours. Non. Vous avez fait le choix conscient de vous unir et vous devez vivre cela de manière consciente.

#4 Réchauffez-la avec un peu de joie

Pour qu’une relation devienne vraiment belle, il est très important qu’un être humain se tourne vers l’intérieur et se regarde lui-même avant de regarder quelqu’un d’autre. Si vous devenez une source de joie par vous-même et vos relations consistent à partager cette joie, vous aurez de merveilleuses relations avec tout le monde. Y a-t-il une personne au monde qui aurait des problèmes avec vous si vous partagiez votre joie avec elle ? Non. Si vous voulez faire l’expérience de la profondeur de l’existence avec une autre personne, votre mariage ne doit jamais tourner autour de vous. Il tourne toujours autour de l’autre. Si vous pensez tous les deux de cette manière, votre mariage ne sera pas un arrangement, mais une union.

#5 Offrez-la-vous mutuellement

Si votre mariage est juste une accumulation d’attentes sur la façon d’obtenir votre bonheur de quelqu’un qui doit vous amener au paradis, vous serez déçu. On parle de paradis, parce que la plupart des gens font de leur mariage un enfer ! Si votre relation ne vise qu’à obtenir quelque chose de l’autre, vous pourrez faire des efforts, vous n’y gagnerez que des problèmes. Mais si votre relation est une offrande à l’autre, tout sera fantastique.

Editor's Note: Dans cette vidéo, Sadhguru raconte l’histoire incroyable de son mariage !