Création de l’univers – l’histoire cachée du big bang

Sadhguru examine ce que la tradition yogique dit à propos de la création de l’univers et nous révèle que nous vivons dans le résultat du 84e big bang.
Sadhguru Wisdom Article | Creation of the Universe – The Untold Story of the Big Bang
 

L’origine de l’univers – les sons de la création

Sadhguru : Aujourd’hui, la science moderne prouve que l’existence dans son ensemble n’est que vibration. Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est un fait scientifique. Là où il y a une vibration, il y a forcément un son. Vous n’êtes pas seulement une vibration, vous êtes un son. C’est ce que la science moderne vous dit. Et quelque part, il y a bien longtemps, quelqu’un vous a dit qu’au commencement était le verbe et le verbe était Dieu.

Ce processus de création ne peut se poursuivre ne serait-ce qu’un instant sans être constamment soutenu par la source de la création, car la création n’est pas une chose figée, c’est un processus continu.

Un mot est un son. En ce moment, si je dis « oui », vous y attachez une certaine signification parce que vous connaissez la langue française. Si vous ne connaissiez pas la langue française, je ne ferais selon vous que produire un son. Si je parle dans une langue que vous ne connaissez pas, vous allez naturellement penser que j’émets des sons insensés. Vous ne saurez pas si je parle réellement une langue ou si j’invente des bêtises. Donc un mot n’est qu’un son.

Dans ce contexte, on a dit que le verbe était Dieu, parce que quiconque a observé l’existence de près peut voir qu’on ne peut séparer ce que vous appelez la création et ce que vous appelez le créateur. Si vous les séparez, la création va cesser d’exister. Ce processus de création ne peut se poursuivre ne serait-ce qu’un instant sans être constamment soutenu par la source de la création, car la création n’est pas une chose figée, c’est un processus continu. Sans l’implication de la source de la création, comment la création serait-elle un processus continu ? Elle est constamment impliquée. Elle ne peut être séparée. C’est pour cette raison que l’on a dit : « Au commencement était le verbe ». Cela signifie que lorsque la création a commencé à se manifester à partir du non-manifeste, la première chose qui s’est produite a été le son. Même les scientifiques conviennent que c’était un big bang, une grande explosion. Une explosion, cela veut dire un son.

Rudra le Rugissant et la tradition yogique du big bang

Laissez-moi vous raconter comment le yoga explique la création de l’intérieur. C’est une culture dialectique. Je peux l’expliquer simplement si vous voulez, mais profitons-en pour approfondir la culture. Il y a une certaine beauté dans la terminologie. Comme cela parle d’une dimension qui ne se situe pas dans notre perception logique, il vaut mieux parler de manière dialectique. L’histoire est la suivante :

Shiva est en train de dormir. Quand nous disons « Shiva » ici, nous ne parlons pas d’une personne ou du yogi. « Shiva » fait référence à « ce qui n’est pas » ; ce qui est naissant. « Ce qui n’est pas » ne peut que dormir. Et il a toujours été appelé « Le Ténébreux ».

Alors que Shiva dort, Shakti arrive à sa recherche. Elle veut qu’il se réveille parce qu’elle veut danser et jouer avec lui, elle veut le courtiser. Au début, il reste endormi. Au bout de quelque temps, il s’éveille. Toute personne dans un profond sommeil, si vous la réveillez, se mettra un peu en colère. Si vous êtes dans un profond sommeil et que quelqu’un vient vous pousser, aussi belle cette personne soit-elle, vous vous mettrez en colère. Donc il se met en colère, rugit et se lève. C’est pourquoi sa première forme et son premier nom sont Rudra. Le mot « Rudra » signifie celui qui rugit. Le premier et seul Dieu de la culture indienne était Rudra. Rudra signifie littéralement celui qui rugit – un Rugissant. On l’a appelé Rudra parce qu’au début de la création, il y a un rugissement. Les scientifiques parlent d’une explosion. Et les scientifiques disent aussi que, comme il y a eu un big bang, il est possible qu’un jour se produise un big crunch, c’est-à-dire un processus inverse au big bang qui va tout ramener à ici et maintenant.

Certains scientifiques estiment qu’il y a eu une série d’explosions, pas qu’une seule. La science a toujours cru que tout avait un début et une fin. Mais maintenant, les physiciens parlent d’un univers sans fin. L’idée que l’univers puisse être sans fin est une théorie répandue en ce moment au sein de la communauté scientifique.

L’univers sans fin

Paul Steinhardt, directeur du Centre de la science théorique de l’Université de Princeton, a écrit un livre intitulé « Endless Universe », c’est-à-dire l’univers sans fin. J’ai eu l’occasion de rencontrer Paul Steinhardt et, au cours de mes entretiens avec lui, je lui ai demandé : « Est-il possible qu’il n’y ait pas eu une explosion, mais un rugissement, un rugissement continu ? »

En regardant à l’intérieur de mon organisme, je dis que la création a rugi 84 fois et qu’elle rugira encore de nombreuses autres fois.

Il a réfléchi, pesé de nombreux éléments, puis dit : « C’est possible. Peut-être que ce n’était pas qu’une explosion, mais un rugissement. Ça ne s’est pas produit en un instant, mais le rugissement a duré un certain laps de temps et lentement la création a commencé à se produire. »  Je lui ai demandé : « Combien de fois pensez-vous qu’elle aurait pu rugir ? »  Il a répondu : « Nous ne pouvons pas le dire, car nous n’avons aucun moyen d’en savoir le nombre, mais de toute évidence, il y a eu plus d’un rugissement. » Alors j’ai ajouté : « Un jour, si vos recherches vous amènent là, gardez ceci comme point de repère. Il y a eu 84 rugissements. »  « Comment le savez-vous ? a-t-il demandé. Sur quoi vous basez-vous pour dire cela ? »  J’ai répondu : « En regardant à l’intérieur de mon organisme, je dis que la création a rugi 84 fois et qu’elle rugira encore de nombreuses autres fois. » Elle rugira jusqu’à un maximum de 112 fois. Quand elle rugira pour la dernière fois, il n’y aura ni début ni fin, ce sera une création perpétuelle.

Cela va trop loin, mais je lui ai dit : « Gardez ces 84 rugissements comme une sorte d’indicateur et vous avez des machines et les mathématiques, vous avez appris beaucoup de choses, vous travaillez là-dessus et un jour, si vous arrivez à un nombre, vous arriverez à ce nombre-là, 84. » Il s’est étonné : « Comment est-ce possible ? »  J’ai répondu : « Si vous prenez un arbre qui a été coupé, les gens regardent dans ses anneaux et y voient qu’au cours du dernier millénaire, une sécheresse s’est produite, une pluie excessive s’est produite ou un incendie s’est produit. De la même manière, si vous coupez dans l’organisme humain avec votre conscience, l’histoire même de cette création y est inscrite. La création a rugi 84 fois. »

C’est le quatre-vingt-quatrième cycle et cela continuera jusqu’à ce qu’elle atteigne 112. Seul un total de 112 peut se produire. Deux autres sont non physiques. Les 112 créations seront de nature physique. Les deux dernières seront des créations perpétuelles. C’est-à-dire, après 112, la fois suivante, la création aura lieu dans un état semi-physique, pas dans un état physique. Ce sera le numéro 113. Après cela, le numéro 114 sera une création complètement non physique, une non-chose, qui est actuellement non manifeste. Une non-chose se manifestera de la manière la plus subtile possible. C’est ce que dit le yoga. Shiva a rugi 84 fois et il rugira 112 fois. Après cela, il ne rugira plus. Il s’en ira. Cela signifie que le néant sera un univers. Ce ne sera pas l’existence physique.

Sur cette base, comme vous vivez et existez dans la quatre-vingt-quatrième création et que vous avez 84 chakras d’une certaine nature, le yoga a développé 84 asanas ou postures de base. Il existe 112 types de méditation différents, mais 84 asanas de base, car ces 84 se rapportent à la mémoire passée. Le reste est l’avenir.

Sur les 84 créations, 83 ont eu lieu et celle-ci – ­ ­la quatre-vingt-quatrième – se produit toujours. Maintenant, comme la création est en cours, la dissolution est également en cours. Le processus de dissolution a commencé pour certaines créations qui ont commencé à se dissoudre. Sur ces 84 créations, 20 sont encore à différents niveaux de dissolution tandis que les autres sont entièrement effacées. Vous ne pouvez les observer que dans votre conscience en regardant cette création, parce qu’en quelque sorte, elle contient le résidu ou l’expérience de tout cela.

 

Le karma de la création

Tout comme vous portez votre expérience de la vie dans tout ce que vous faites, le processus de création porte également l’expérience de chaque création passée dans la suivante, même si elles peuvent être totalement différentes. Imaginons que vous jouiez au football à l’école il y a 25 ans. Maintenant, soudainement vous avez 45 ans et un cambrioleur est entré dans votre maison. Vous frapperez le cambrioleur comme un ballon de football, pas d’un coup de pied de karaté ou de Kalaripayattu ou autre. Parce que le football que vous avez complètement oublié est toujours là quelque part dans votre organisme et il ressurgit.

Vous n’avez peut-être joué au football que trois mois, mais quelque part le résidu de cette expérience est encore ancré en vous et il trouve son expression ailleurs dans un espace qui n’a aucun rapport. C’est la façon dont vous évoluez tout le temps. C’est ce que nous appelons le karma.

Nous parlons du karma individuel, mais il y a aussi un karma universel. Il y a un karma de la création elle-même, parce que la création elle-même est un karma. L’acte de création, n’est-il pas un acte ? Karma signifie action. Le résidu de ce karma continue sans arrêt de passer à la phase suivante et au niveau suivant de la création.

Ainsi, au total 83 créations se sont produites et la quatre-vingt-quatrième est en cours. Beaucoup des plus anciennes ont réussi à se dissoudre totalement. Elles n’existent qu’en termes d’empreinte expérientielle dans la suivante, mais elles n’ont pas de statut vivant. Mais les 20 précédentes présentent encore différents niveaux de vie. Certaines sont devenues très, très vaporeuses, d’autres sont un peu plus fortes, certaines sont encore plus fortes, d’autres sont presque aussi réelles que celle-ci. Mais elles sont en cours de dissolution, ce qui signifie qu’il ne se produit aucun processus actif de création pour elles.

84 créations

Quand vous étiez enfant, disons qu’en un an vous produisiez cent milliards de cellules. À 35 ans, ce nombre a un peu diminué. À 45 ans, ce nombre a encore diminué un peu plus. À 55 ans, il a encore plus diminué ; et à 75 ans, il a diminué encore plus. À un moment donné, ce qui est en train de mourir est plus important que ce que vous êtes capable de remplacer. Voilà ce qui se passe pendant la vieillesse. C’est exactement le même processus qui se produit avec la création.

Quand nous regardons une personne et disons : « karma », nous disons simplement qu’elle permet à son passé de devenir son avenir.

TLa dissolution se produit toujours. Même dans cette création, la dissolution se produit toujours, mais une nouvelle création se produit, donc elle continue de vibrer. Lorsque la nouvelle création diminue et s’arrête au bout d’un certain temps, seule la dissolution commence à se produire et, après quelque temps, il ne reste plus que des empreintes de mémoire, aucune empreinte vivante ne demeure. En ce sens, seules 21 créations ont encore une forme d’existence. Les 63 créations restantes ont complètement disparu. Vous ne pouvez les voir nulle part, mais vous pouvez les considérer comme des empreintes de mémoire à l’intérieur de votre organisme, parce que cette empreinte et cette expérience sont toujours là.

Cette création, c’est la réalité. Tout le reste est de moins en moins actif. Dans la création actuelle, il y en a deux – l’une est la physicalité qui porte la mémoire de tout, l’autre est la source de la création, qui est la base de l’avenir. Lorsque vous laissez votre passé devenir l’avenir, nous vous regardons et disons : « C’est son karma ». Cela signifie que cette personne permet à son passé de devenir son avenir. Il n’y a pas de nouvelle possibilité en elle. Quand nous regardons une personne et disons : « karma », nous disons simplement qu’elle permet à son passé de devenir son avenir. Il n’y a vraiment pas d’avenir pour elle, ça va se répéter.

S’engager dans une démarche spirituelle

Lorsque vous dites : « Je m’engage dans une démarche spirituelle », à un niveau, vous affirmez que vous ne voulez pas que votre passé se répète à l’avenir, vous voulez que votre vie aille de l’avant. Vous ne voulez pas faire partie du cycle. Quand on dit : « C’est son karma », voilà ce que nous disons : « Il ne va aller nulle part » parce qu’il a l’impression d’entamer un nouveau voyage alors qu’il ne fait que tourner en rond. Mais ce n’est un nouveau voyage que parce qu’il a la mémoire très courte.

Tout le monde est dans un état de démence. Ils ne se souviennent pas de ce qu’il y avait avant le ventre de leur mère. Donc, chaque fois qu’ils passent par là, ça a l’air nouveau. C’est comme si vous avanciez sur un tapis roulant. Vous avez l’impression d’aller quelque part, mais vous n’allez nulle part – c’est le karma.

Donc, cette dimension que vous observez en ce moment se présente sur deux niveaux – l’un s’est produit, l’autre est en train de se produire. Quatre-vingt-trois d’entre elles ont eu lieu. Si vous voulez parler de chiffres, la quatre-vingt-troisième a eu lieu, mais de manière résiduelle, elle se produit encore. C’est comme si votre naissance avait eu lieu, mais qu’elle se produit encore. Votre mort a également eu lieu, mais se produit encore. Votre mort est inéluctable, elle s’est déjà produite. Au moment où vous êtes né, le premier pas vers votre mort s’est produit, mais cela continue de se produire. Vous attendez qu’elle soit complète ou vous voulez qu’elle soit retardée, mais elle est en train de se produire et elle s’est déjà produite.

Il y a en vous une autre dimension pour laquelle la naissance n’a pas eu lieu et la mort ne se produira pas. C’est seulement en touchant cette dimension que vous aurez ce qu’on appelle un avenir, sinon vous n’aurez que le karma. Le karma signifie que vous répétez votre passé dans le futur. Vous pouvez changer la couleur, vous pouvez changer la manière dont vous le faites, mais c’est toujours la même chose, rien d’autre. Vous faites encore les mêmes choses que ce que faisait l’homme des cavernes.

Sadhana pour nettoyer la mémoire des 84 créations

Cette mémoire est une ancre. Vous jetez une ancre et vous essayez de déplacer votre bateau – au mieux, il ne peut que tourner en rond. Avec une sadhana spirituelle, nous essayons de tirer sur l’ancre ou de couper la corde qui nous retient à l’ancre de sorte pour que le bateau puisse avancer au moment où nous mettrons le moteur en marche.

Quand vous faites la sadhana, vous essayez de tout couper, car sans couper votre ancre, vous n’allez pas avancer.

Toute la sadhana spirituelle se base sur cela, sur votre envie de vous libérer. Libre, cela ne signifie pas que vous devez oublier, mais vous devez devenir libre de la mémoire qui vous gouverne. La mémoire ne se situe pas seulement dans votre mental. Chaque cellule de votre corps porte de la mémoire. Il nous apparaît très clairement, à travers la génétique et d’autres choses, que vous portez la mémoire de vos ancêtres et que vous vous comportez toujours comme eux.

Beaucoup d’aspects dans le corps indiquent clairement que la mémoire de ces 84 créations est toujours présente dans votre corps. Elle est là, dans chaque atome de l’existence. Vous voulez le purifier de la mémoire, car cette mémoire vous donne un sentiment d’appartenance, mais en même temps elle vous lie ; elle ne vous laisse pas partir. Quand vous faites la sadhana, vous essayez de tout couper, car sans couper votre ancre, vous n’allez pas avancer. C’est cette mémoire qui a donné intégrité et stabilité à votre corps et à la structure de qui vous êtes en ce moment. Ce corps n’aurait pas pu être créé sans cette mémoire. Sans la mémoire de l’animal unicellulaire qui est en vous, sans la transmission de toutes ces informations par le processus évolutif, ce corps ne pourrait pas être structuré et uni.

La mémoire n’est pas votre ennemi, c’est juste que vous ne savez pas comment la tenir. Vous êtes en elle, c’est ça le problème. Maintenant, vous voulez en sortir. Vous voulez faire usage de la mémoire, mais vous ne voulez pas être utilisé par votre mémoire – c’est la sadhana spirituelle. Vous voulez avoir un avenir qui est différent de votre passé.

Editor's Note: Découvrez le côté mystique de la vie avec Of Mystics and Mistakes. – un ouvrage incontournable pour tout chercheur spirituel.