Désastre humain dans l'Uttarakhand
Dans l'article de cette semaine, Sadhguru écrit sur le désastre dans l'Uttarakhand et de la responsabilité d'une nation de protéger sa population à l'avenir. « Nous devons comprendre l'Himalaya et ce que l'Himalaya a à offrir. Ce n'est pas le potentiel économique de l'Himalaya qui est important pour nous. C'est sa dimension spirituelle qui a toujours été une inspiration pour les gens. »

D ans l'Uttarakhand, les gens n'ont pas encore réalisé l'immensité de ce qui a eu lieu. À une époque, j'allais chaque année dans l'Himalaya, sans interruption. Ce n'est que ces quatre à six dernières années que j'ai cessé mes voyages dans cette région, qui est l'un des coins les plus fantastiques de l'Inde. Une chose est sûre, les chaînes de montagnes de l'Himalaya sont les plus jeunes de la planète. Si vous avez voyagé dans l'Himalaya, vous verrez, c'est presque comme des débris empilés. C'est ainsi qu'est la montagne. Dès que vous y creusez des routes, les rivières elles-mêmes creusent suffisamment, des glissements de terrain ont lieu naturellement. Je n'y suis probablement jamais allé sans avoir été coincé dans un glissement de terrain et marché des kilomètres pour passer de l'autre côté, lors de plus de 27 voyages dans cette région. C'est un processus normal pour voyager dans l'Himalaya.
Comme la montagne est si récente et fragile, c'est comme des débris empilés naturellement, ça va se détacher très facilement, à moins de la gérer avec beaucoup de précaution. L'Organisation des Routes Frontalières a fait un travail remarquable ces quelques dernières années. Ceci étant dit, on ne peut pas blâmer entièrement toute organisation, ou le gouvernement, pour cette tragédie parce qu'en un jour il est tombé 340mm de pluie. C'était une averse torrentielle. Dans le jargon local on a dit : « Aasman gir gaya » le ciel leur est tombé sur la tête, littéralement. Averses torrentielles, glissements de terrain, ce sont des processus naturels dans la montagne. C'est une tragédie parce que nous sommes dans le passage. Sinon ce n'est pas une tragédie, ce n'est qu'un processus naturel de la croissance de la montagne. Ce qui est instable doit s'effondrer et se stabiliser, c'est un processus d'un million d'années, ça arrive. Donc ce n'est pas une calamité naturelle, c'est un processus naturel, mais c'est une calamité humaine. Comment éviter la calamité humaine est l'affaire des humains.
Avant tout, il faut comprendre qu'une nation florissante est aussi une entreprise florissante. Quelle est notre force ? Qu'est-ce qui nous limite ? Quelque chose a-t-il été négligé ? Il est temps de regarder une nation en tant qu'entreprise, et nous avons besoin de quelqu'un de suffisamment entreprenant qui saura la diriger comme une entreprise pour assurer sa réussite. La chose est que l'on se perd dans l'histoire, la tradition et dans tant d'autres choses. On doit valoriser ces choses, mais on doit les voir comme des forces traditionnelles et des faiblesses traditionnelles. Vous ne le verrez que si la réussite en est le critère. De nos jours, la réussite n'est pas le critère. Quelque part, faire en sorte que ça continue pendant cinq ans est le critère. Donc nous devons établir ceci : la réussite est le critère.
Qu'est-ce que cela signifie, Sadhguru ? C'est un désastre écologique, très émotionnel et vous y répondez ainsi ? Oui, je vous dis ceci parce que maintenant ils vont faire passer des lois écologiques absurdes. Ce n'est pas la façon d'agir. Réagir émotionnellement aux désastres qui surviennent n'est pas la réponse. Déjà les gens en parlent sur les chaînes d'information, « Ce doit être déclaré une zone éco-sensible, aucun pèlerin ne devrait être admis. Pourquoi tous ces gens vont-ils là, ne peuvent-ils pas aller au temple local ? » On va sortir des lois absurdes en réaction, et de toute façon après quelques années, personne ne va suivre ces lois, et tout va revenir à la normale dès que ces choses-là seront oubliées. Nous devons nous considérer comme une entreprise et nous voulons être une entreprise florissante, pas un fiasco. La gestion de nos terres, de nos ressources naturelles et de nos ressources humaines fait partie intégrante de notre entreprise. Il est temps de l'aborder ainsi.
Nous devons comprendre l'Himalaya et ce que l'Himalaya a à offrir. Ce n'est pas le potentiel économique de l'Himalaya qui est important pour nous. C'est sa dimension spirituelle qui a toujours été une inspiration pour les gens. Votre économie, vous pourriez la faire ailleurs, vous n'avez pas à construire soixante-dix barrages sur le Gange. Même si un homme meurt dans ce pays, il veut deux gouttes d'eau du Gange, mais nous devons lui dire que ces deux gouttes qu'il boit sont passées par environ cent cinquante turbines avant que cela tombe dans sa bouche.
C'est une certaine émotion, une émotion humaine qui fait l'unité d'une nation. Différentes nations ont divers éthos. Pour l'Inde, le Gange, l'Himalaya, ces choses sont des facteurs de lien très importants. Si vous détruisez ces éléments, vous aurez beaucoup de mal à maintenir cette population diversifiée en tant que nation après un certain temps. Ça a déjà lieu. Les gens tirent dans différentes directions. Graduellement, au fil du temps, tout le monde commence à penser séparément et un jour vous vous demandez : « Pourquoi sommes-nous ensemble ? » Ce jour-là n'est pas très loin. Quand je dis « pas loin » dans l'existence d'une nation, cinquante ans n'est pas trop long.
Donc, ne considérez pas ceci comme une seule tragédie ou un seul incident, que, dès que les caméras seront éteintes, nous allons oublier et vaquer à nos affaires. On doit voir l'Inde comme une entreprise et on veut une entreprise florissante à tous les niveaux.


